Le démon du Midi à 22 heures


Un an c’est long.  En un an, nous avons le temps de réfléchir, d’évoluer, de faire un travail d’introspection. 

Un enfant change les perspectives.  Ça nous sort de notre zone de confort.  Ça nous déstabilise. 

Ces derniers jours plus que jamais, je réalise que je ne suis pas à ma place.  Je vis une vie.  Mais ce n’est pas la mienne.  

J’avais à peine 5 ans.  Dans mes souvenirs de la maternelle, tout ce dont je me souviens c’est de la gouache que nous faisions sur du papier glacé.  Nous étendions la gouache sur la feuille, puis avec nos doigts, nous faisions des dessins.  Je détestais les jeux avec les autres petites filles qui jouaient à la poupée.  Moi je voulais faire des dessins, du bricolage.  J’avais fais une mariée avec un rouleau vide de papier de toilette et des mouchoirs en guise de voile.  Je trouvais ça beau les robes de mariée.  Et celle de Cendrillon aussi.  Mais je me foutais pas mal du Prince Charmant; j’aimais la robe c’est tout. 

Puis au primaire je n’aimais pas particulièrement les chiffres.  Sauf pour essayer de les écrire dans différents styles! J’aimais écrire.  C’était comme faire du dessin avec chaque lettre.  J’aimais les livres.  En rentrant dans une bibliothèque un jour j’ai eu envie de lire tous les livres qui s’y trouvaient.  Je ne pouvais pas choisir un sujet précis.  C’était mes premiers amours.  Je les tenais dans mes bras, serré contre ma poitrine.  Je protégeais mes livres contre les agressions des gens.  Ne touchez pas à mes livres…

Au secondaire, j’aimais mes cours d’art plastiques et mes cours d’art dramatique.  J’étais bien.  Je n’avais pas l’impression de travailler ou d’étudier.  J’étais juste dans mon élément.  Je n’avais pas des supers notes.  Mais j’étais bien.

Puis quand est venu le temps de choisir ce que je ferai de ma vie je rêvais de l’art.  Comme bien des petites filles, je rêvais d’être actrice.  Je rêvais de chanter.  Je rêvais de design.

Pour mes parents, l’important c’était que je gagne bien ma vie.  Étudier en design de mode était égal pour eux à devenir couturière dans une manufacture au salaire minimum toute ma vie.  Pour eux c’était égal à dépendre des autres financièrement.  Et surtout des hommes.

Depuis la naissance de mon fils je réalise.  Je réalise que j’ai passé à côté de quelque chose dans ma vie.  J’ai passé à côté de qui je suis vraiment.

J’ai réussi.  J’ai une bonne job avec des conditions enviables.  Un salaire intéressant même si ce n’est pas le GROS salaire.  Je ne dépend pas de personne. 

Mais j’ai un démon du midi qui me chicotte tous les soirs à 22 heures….

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10 réflexions sur “Le démon du Midi à 22 heures

  1. Oh si tu savais ce qui me démange depuis la naissance de mon fils…
    Avoir un enfant nous fait beaucoup réfléchir sur ce qu’on veut vraiment dans la vie.
    J’ai envie de t’offrir un petit quelque chose pour toi.
    Ne dit rien et surtout ne le refuse pas.
    Ça vient vraiment du fonds du coeur de moi à toi.
    C’est une découverte récente que j’ai fait.
    Et que j’ai aussi reçu en cadeau.
    Lorsque tu recevras, tu me diras ce que tu en penses.
    Amicalement xxx

      1. J’oubliai, il se peut que tu recoives une autre petite surprise avant –> à ne pas confondre avec cette surprise là 😉 (tu vas comprendre quand tu recevras!)

  2. Salut Demi-jour!
    Tout d’abord, je veux te féliciter pour tes textes. C’est vraiment bon! Celui d’aujourd’hui me rejoint particulièrement. En fait, je te dirais même que j’ai eu pas mal les mêmes réflexions AUJOURD’HUI! Je n’en revenais pas quand j’ai lu ta réflexion. Coudonc, étais-tu dans ma tête!;)
    Continue ma belle, tu écris vraiment bien. Je reviendrai te lire c’est promis!
    Joe xxx

  3. Pareil, tout pareil…..
    Ce démon de midi qui me chatouille les nuits sans sommeil….

    J’ai l’estomac qui se serre rien que d’y penser…
    Un jour, il faudra bien aller au bout de mes reflexions !

  4. Je viens de tomber sur ton blogue par hasard et My God que je me reconnais là-dedans!

    À 27 ans, pas d’enfants encore, une carrière naissante avec un monde de possibilités… Y’a aussi la question du bébé ou du CV qui vient parfois me hanter. Tellement de choix à faire! Et ce démon du midi qui rôde tout près… 🙂

  5. Claudia: bienvenue par ici. Dans un monde où tout est presque rendu possible, comment décider sans regretter? Comment faire le saut sans se tromper? J’aimerais avoir tant de réponses mais j’ai souvent plus de questions!

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