L’étiquette


J’étais à l’aube de mon adolescence.  Déjà j’étais consciente de mon entourage.  De ce que je provoquais chez les autres.  De la réaction des autres.

Toute jeune j’ai été confrontée à une image qui ne me réflétait pas.  Mes parents n’étaient pas riches.  Ma mère était à la maison et mon père travaillait.  Ma mère n’a jamais eu la souciance des apparences par les vêtements.  Ou plutôt c’était mon père.  Et comme il tenait les cordons de la bourse, ma mère faisait avec ce qu’elle avait et l’influence de mon père. 

Pendant que les élèves féminines de ma classe se pavanaient avec leur chemise Polo Ralph Lauren et leur Lacoste, moi j’étais en jeans et en coton ouaté.  Souvent habillé dans les magasins à rabais.  Dans les années 80, les vêtements dans ces magasins étaient laids, sans style.  Le temps a bien révolu depuis et l’on peut s’habiller avec style sans avoir un méga budget.

N’empêche que cette période de ma vie m’a profondément marquée.  Je ne pouvais pas faire partie de cette élite.  Ces filles là ne me parlaient pas.  Et les beaux garçons ne regardaient qu’elles.  Quand on devait être choisi pour des groupes j’étais dans les dernières: les plus belles étant choisies en premier (lire les mieux habillés = les plus belles!).

J’ai appris.  J’ai appris d’autres valeurs.  J’ai appris à accepter les autres tel qu’ils étaient.  Peu importe leur culture, leurs couleurs, leurs styles.  Mon groupe d’amis étaient éclectiques.

Vers l’âge de 18 ans je ne voulais pas porter de robe ni de jupe.  Parce qu’une fois, en marchant dans la rue, des hommes qui travaillaient sur un chantier me sifflait. 

J’avais peur d’une étiquette: l’étiquette de la fille facile, l’étiquette de la fille qui flirte, l’étiquette de la « belle blonde plantureuse ».  J’avais trop lu de biographies de Marylin Monroe!!!  Loin de moi d’être aussi plantureuse qu’elle.  Mais j’avais peur d’avoir l’air de…

J’avais peur que les gens ne m’aiment que pour mon apparence.  J’avais peur qu’on oublie que je savais penser, que je savais des choses.  Que j’étais une fille intelligente et pas juste une « chose », une fille sexy.

Puis j’ai vieilli.  J’ai pris de la confiance.  Je me suis assumée pour ce que je suis. 

Mais j’ai toujours gardé en tête l’image de la fille qui n’était pas au goût des hommes.  Même si l’on m’a souvent confirmé le contraire.  J’ai souvent eu à me battre pour démontrer que j’étais pas juste « une image », une apparence aux yeux de certains.   Avec mes clients par exemple.  Une fois qu’on me connait, ça va bien.  Ça passe.  Mais il y a souvent la première impression qui fausse.

J’ai toujours détesté avoir une étiquette sur le dos.  D’être catégorisé comme étant une seule et unique chose.  C’est l’une des pires insultes pour moi.

À l’opposé, même si parfois je juge les autres (nous jugeons tous selon nos perceptions, ne serait-ce qu’un instant) j’essaie de ne pas poser une étiquette sur les gens. 

Chaque personne que l’on croise porte plusieurs étiquettes.  Et chaque étiquette n’est pas toujours en premier plan.  Certaines sont même cachées. 

C’est ce qui fait le plaisir d’apprendre à connaître les autres.

Est-ce que je vous l’ai déjà dis?  J’aime le monde, j’aime les gens.  J’aime apprendre à les connaître, à les écouter et apprendre d’eux.

Quelle(s) étiquettes pensez-vous avoir???

On m’a déjà dit que j’avais l’air snob!  Ah si ils(elles) savaient…

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6 réflexions sur “L’étiquette

  1. Si toi t’es snob, moi je suis euhhh, la soeur du Prince Charles tiens !

    Toi tu es… L U M I N E U S E. Je l’ai déja dit, ça n’a absolument rien à voir avec la beauté et l’apparence. Ça reflète ce que tu es en dedans. Et c’est beaucoup plus important. Point barre.

    Parlant d’étiquette, moi je suis la petite grosse qu’on regarde de haut parce qu’on se figure que ce qu’il y a à l’intérieur est aussi insignifiant que ce que l’on voit.

    J’ai appris une chose : On ne peut plaire à tout le monde. Et je me câlisse pas mal de ceux à qui je ne plais pas. S’ils sont de ceux qui s’attardent aux apparences, ce sont les plus pitoyables. Point barre.

    1. Emgee: tu aimes les point barre toi hein? Merci pour ton compliment – encore! Vraiment tu vas me gêner pis là je vais avoir l’air snob!!! 😉
      c’est vrai qu’on ne peut pas plaire à tous. Pour certains, le besoin de plaire dans l’absolu est incontrôlable. Je le sais je travaille avec une femme comme ça. C’est triste.

  2. Je te lisais et je me reconnaissais..

    Ma mère nous habbillait chez… Croteau. Et moi aussi j’étais habillé en « jogging » et cotton ouaté… Et aussi on me jugeait – j’avais peu d’amis mais j’ai appris ! Et aujourd’hui mes amitiés sont précieuses.

    J’apprends à connaître les gens avant de juger si possible (même si c’est impossible de ne pas porter de jugement!).

    Je me souviens pas vraiment des étiquettes qu’on me collait – mais je me souviens qu’en terminant mon secondaire j’étais fière car j’ai été nommé la personne en qui les gens avaient le + de respect et j’allais dans un collège privé donc aucune discrimination ou presque par les vêtements !

    1. la belle: j’ai tellement pleuré à mes parents pour aller dans une école privée (à cause des uniformes). Mais ils ne voulaient pas. Probablement pour des raisons financières. Ça m’a tellement marqué qu’aujourd’hui je ne veux pas m’acheter de vêtements dans les endroits pas cher. Sauf peut-être pour un usage à la maison (pyjama, tenue d’intérieur, pour des activités occasionnelles comme du camping ou un sport que je ne ferais pas souvent). Mais je réalise qu’aujourd’hui c’est différent et ce n’est pas nécessaire de payer cher pour un t-shirt ou des basics. Tu en trouves partout à petits prix. À cause de la Chine évidemment…

  3. Je ne sais pas quelle étiquette j’ai… et je ne tiens pas à le savoir honnêtement… si je pense trop à ce que les gens peuvent penser, je bloque.

    Comme tu dis, on juge les autres selon nos perceptions alors leurs étiquettes ne sont pas toujours véridique.

    Il ne faut pas s’arrêter à ça. Sauf si c’est quelqu’un envers qui ont ressent de la méfiance.

    Bref, ce fut intéressant. 🙂 J’aime bien tes articles!

    1. xjanesatticx: faut se fier à son intuition c’est vrai. Mais parfois elle est aussi trompeuse. Merci pour ton compliment sur mes articles. J’y vais comme ça vient. Des fois j’écris plusieurs jours en ligne et après plus rien. Ça c’est moi!

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