Dans la nuit…


Dans mes veines coulent le sang de l’insomnie.  Le bonheur de tout ça c’est le plaisir d’écouter la nuit qui respire.  La nuit est calme et bruyante à la fois.  Seul le frigo a le droit de ronronner sans vraiment déranger.

Dehors la neige tombe.  Douce et violente à la fois.  Un vent, du Nord-Ouest fort probablement, s’époumonne à faire valser les flocons.

De ma fenêtre je réalise la beauté de l’emplacement du site ou j’habite: sur le bout d’une rue je fais face à la rue.  J’ai donc la vue sur la rue, les passants, les lumières, le voisinage au complet.

Dans une banlieue comme la mienne, à 4h du matin le TOUT quartier est en dormance.  Même les chats se font discret ce soir.

La nuit, j’adore.  La nuit c’est magique.  C’est beau et épeurant à la fois.  C’est la nuit que tout se passe.  Les cerveaux se rechargent, les livraisons se font, les magasins se remplissent, les gens meurent, l’amour et le sexe est à son plus haut niveau.

L’air de rien il s’en passe des choses la nuit.

C’est aussi la nuit que j’écris.  Dans ma tête bien souvent.  C’est la nuit que je réfléchis le plus.  Assise devant ma tisane refroidie je cogite; je refais mon monde; je remets en question.

Parfois la nuit me fait peur.  Le silence fait peur parfois; je suis si souvent mêlée à un tourbillon de bruits que l’inconnu du silence me dérange.  Je me sens oubliée.  Je me sens prisonnière du silence.  À la fois bénéfique et angoissant.

C’est ainsi la nuit.

Ici, même le chat dort la nuit.  C’est peu dire…

4h15: toujours pas de charrue.  Le journal devrait arriver sous peu.  Si la caféine avait sur moi moins d’effet j’en préparerai que pour le plaisir de son odeur réconfortante.  Parce que le café c’est une drogue enhivrante.  Même décaféiné l’effet sur moi est dévastateur.  C’est sûrement pour cela que je suis encore debout après avoir bercé petit Hom à 2h30.

Hier, en allant reconduire mon neveu à la gare, nous avons patienté au Second cup le moment fatidique du départ.  Je n’ai pu résisté à la tentation d’un bon café chaud et fumant, décaféiné bien sûr. 

Les gares, les trains ont aussi un côté mystérieux.  Assise au café justement, une valise laissée seule reposait à nos pieds.  Je n’ai pu m’empêcher de penser que ça pourrait être une bombe.  Comment peut-on oublier sa valise dans une gare? J’étais curieuse de savoir ce qu’elle contenait.  Nous avons poursuivis notre conversation de « temps à perdre » pour oublier nous aussi cette valise. 

La gare était surprenament déserte hier.  J’aurai cru le contraire avec le début de neige et le temps des Fêtes.  J’imagine que ce n’était pas tout le monde qui se précipitai pour un retour ou un aller.  Et pourtant, il y avait de la vie.  Ça grouillait de monde, d’impatience, de retrouvailles.  Ça sentait les au revoir, les adieux, les « à plus tard ».  Odeur qui, personnellement, ne m’ont jamais vraiment dérangée.  Peut-être parce que les départs ont toujours nécessairement rapporté un retour en consolation?

Papa est souvent parti en avion.  Je n’avais jamais de peine.  À mon souvenir du moins.  Dans mon coeur d’enfant je savais que Papa reviendrait.  Et il revenait même s’il était allé à l’autre bout du monde.

4h25: la magie de la phytothérapie rentre en action.  Ma tisane d’herbes semble vouloir faire son travail.  L’écran de mon ordinateur est trop voyant.  Je m’apprête de ce pas à continuer de contempler la nuit… jusqu’à ce que Morphée me rappelle dans ses bras, pour quelques heures encore j’espère.

Bonne nuit…

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3 réflexions sur “Dans la nuit…

  1. Wow!! Ce que tu écris bien! 🙂
    J’ai travaillé 2 ans de nuit et je ne suis jamais revenue à mon rythme de vie normal depuis…
    J’adore la nuit.. comme tu dis.. beaucoup de choses se passent la nuit…malgré ce que les gens peuvent penser!

    C’est un des rares moments où l’on peut vraiment penser… en silence.. définitivement j’adore la nuit!

  2. Je suis comme toi, mon inspiration et mes solutions me viennent la nuit… 🙂 Et c’est vrai que le café ça sent bon, moi aussi parfois je fais du café à la vanille française dans la machine à caf et je le laisse quelque heures embaumé l’appartement 🙂

    Et aussi les gares, les centres d’achats ou petits et vieux se côtoie souvent parallèlement… tous des gens qui ont des histoires à raconter que je me plaie à inventer lorsque je les contemples un peu trop longtemps 🙂

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